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Paul-Marie-Emile de Farcy : Différence entre versions

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(Son implication dans le patrimoine architectural)
(Le monument aux morts)
 
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Paul Marie Emile de Farcy naît au château de La Villedubois en 1839 ; son père en étant le propriétaire de 1829 à 1850.<br>
 
Paul Marie Emile de Farcy naît au château de La Villedubois en 1839 ; son père en étant le propriétaire de 1829 à 1850.<br>
Au décès de son père en 1850, c'est Louis Marie Auguste, frère de Paul de Farcy qui reprend le domaine. Paul de Farcy est alors vicomte de Farcy de La Villedubois.<br>
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Au décès de son père en 1850, c'est Louis Marie Auguste, frère de Paul de Farcy qui reprend le domaine et le titre de comte. Paul de Farcy est alors vicomte de Farcy de La Villedubois.<br>
Vers 1860, l'un de ses oncles, Aristide<ref>Aristide  Anne Marie Félix de Farcy de la Chesnaie (1795-1869).</ref>, fait construire à Mordelles le château de la Chesnaie. Il utilise les services de l'architecte Jacques Mellet, un ami de la famille de Farcy.<br> Un corps central flanqué de deux tours circulaires, confère à l'édifice un style Renaissance qui le démarque des autres châteaux mordelais.<br>
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Vers 1860, l'un de ses oncles, Aristide<ref>Aristide  Anne Marie Félix de Farcy de la Chesnaie (1795-1869).</ref>, fait construire à Mordelles le château de la Chesnaie. Il utilise les services de l'architecte Jacques Mellet<ref>Jacques Mellet (1807-1876) à l'origine de la construction de près d'une vingtaine d'églises.</ref>, un ami de la famille de Farcy.<br> Un corps central flanqué de deux tours circulaires, confère à l'édifice un style Renaissance qui le démarque des autres châteaux mordelais.<br>
Aristide n'ayant pas de postérité, à son décès en 1869, il lègue son château à son neveu Paul qui, alors marié et père, n'a pas encore de domaine de cette importance.<br>
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Aristide n'ayant pas de postérité, à son décès en 1869, il lègue son château à son neveu Paul qui n'a pas, à cette époque, de domaine de cette importance.<br>
 
Paul de Farcy va ainsi résider au château de la Chesnaie jusqu'en 1928, année de son décès.<br>
 
Paul de Farcy va ainsi résider au château de la Chesnaie jusqu'en 1928, année de son décès.<br>
 
C'est ensuite sa fille Jeanne Louise Marie, seule survivante et dernière-née d'une fratrie de 4 enfants, qui hérite du château.<br>
 
C'est ensuite sa fille Jeanne Louise Marie, seule survivante et dernière-née d'une fratrie de 4 enfants, qui hérite du château.<br>
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Paul de Farcy est le fils d'Armand Paul Marie Ange et de Cécile Julie Marie Hyacinthe Le Corgne de Bonabry.<br>
 
Paul de Farcy est le fils d'Armand Paul Marie Ange et de Cécile Julie Marie Hyacinthe Le Corgne de Bonabry.<br>
 
[[Fichier:VDB armes Armand.jpg|150px|vignette|droite|Armes des familles de Farcy et Le Corgne de Bonabry]] Ci-contre, une plaque de cheminée en provenance des forges de Paimpont représente les armes de leurs deux familles.<br>
 
[[Fichier:VDB armes Armand.jpg|150px|vignette|droite|Armes des familles de Farcy et Le Corgne de Bonabry]] Ci-contre, une plaque de cheminée en provenance des forges de Paimpont représente les armes de leurs deux familles.<br>
Il est issue d'une famille nombreuse puisqu'il a 9 frères et sœurs, parmi lesquels Louis Marie Auguste, le propriétaire du [[Le château de La Villedubois|château de La Villedubois]] de 1850 à 1903 ; ce dernier étant à l'origine des nombreuses transformations dans cette propriété.<br>
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Il est issue d'une famille nombreuse puisqu'il a 9 frères et sœurs, parmi lesquels Louis Marie Auguste, propriétaire du [[Le château de La Villedubois|château de La Villedubois]] de 1850 à 1903 et à l'origine des nombreuses transformations dans cette propriété.<br>
Paul de Farcy épouse le 23 avril 1864 Louise Marie de la Rivière tandis que son frère Louis s'est uni à sa sœur Marie Aimée de la Rivière.<br>
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Les deux frères vont épouser deux sœurs ; ainsi, Paul de Farcy épouse le 23 avril 1864 Louise Marie de la Rivière tandis que Louis s'est déjà uni à Marie Aimée de la Rivière.<br>
 
De son mariage avec Louise (portrait ci-contre) naissent 4 enfants Paul, Cécile, Roger et Jeanne.<br>
 
De son mariage avec Louise (portrait ci-contre) naissent 4 enfants Paul, Cécile, Roger et Jeanne.<br>
Cécile meurt quelques jours après sa naissance et ses deux fils Paul et Roger décèdent également très jeunes, le premier à 20 ans et le second à 30 ans.<br>
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Cécile meurt quelques jours après sa naissance tandis que ses deux fils Paul et Roger décèdent également très jeunes, le premier à 20 ans et le second à 30 ans.<br>
  
 
=== Maire de Mordelles de 1874 à 1919 ===
 
=== Maire de Mordelles de 1874 à 1919 ===
Quelques années avant la naissance de Paul de Farcy, son père assure lui aussi la fonction de maire à Mordelles et ce, pendant 15 ans, de 1815 à 1830. A son tour, en janvier 1874, Paul de Farcy assume cette responsabilité en remplacement de François Veillard. Il a alors comme adjoint Jean-Baptiste Dolivet.<br>En 1915, la commune de Mordelles compte environ 2100 habitants.<br>
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Quelques années avant la naissance de Paul de Farcy, son père assure lui aussi la fonction de maire à Mordelles et ce, pendant 15 ans, de 1815 à 1830. A son tour, en janvier 1874, Paul de Farcy assume cette responsabilité en remplacement de François Veillard. Il a alors comme adjoint Jean-Baptiste Dolivet.<br>Pour information, en 1915, la commune de Mordelles compte environ 2100 habitants.<br>
 
   
 
   
 
'''Liste des maires de Mordelles de 1815 à 2020'''
 
'''Liste des maires de Mordelles de 1815 à 2020'''
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Paul de Farcy est connu pour promouvoir l'enseignement congréganiste.<br>
 
Paul de Farcy est connu pour promouvoir l'enseignement congréganiste.<br>
 
Depuis 1872, une école congréganiste existe à Mordelles. Elle a été créée pour les garçons à l'initiative de l'abbé Briand, curé de la paroisse.<br>
 
Depuis 1872, une école congréganiste existe à Mordelles. Elle a été créée pour les garçons à l'initiative de l'abbé Briand, curé de la paroisse.<br>
Alors qu'une loi votée en 1905 ordonne la fermeture immédiate et la vente des écoles libres ayant appartenu aux congrégations, Paul de Farcy accueille tout d'abord les frères instituteurs expulsés au château de la Chesnaie, puis se rend acquéreur en 1907 de l'école et de son mobilier pour éviter leur liquidation.<br>
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Alors qu'une loi votée en 1905 ordonne la fermeture immédiate et la vente des écoles libres ayant appartenu aux congrégations, Paul de Farcy accueille, dans son château de la Chesnaie, les frères instituteurs expulsés, puis se rend acquéreur en 1907 de l'école et de son mobilier pour éviter leur liquidation.<br>
A partir du 19 novembre 1907, l'école libre des garçons de Mordelles devient la propriété de Paul de Farcy.<br>
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A partir du 19 novembre 1907, l'école libre des garçons de Mordelles devient la propriété de Paul de Farcy qui décide un peu plus tard, en 1910, de compléter les bâtiments scolaires en faisant construire une nouvelle classe et des chambres.
En 1910, il complète les bâtiments scolaires en faisant construire une nouvelle classe et des chambres.
 
  
 
==== Son implication dans le patrimoine architectural ====
 
==== Son implication dans le patrimoine architectural ====
On lui doit essentiellement la mairie servant également d'école et de tribunal et l'église actuelle.<br>
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On lui doit essentiellement le style de l'église actuelle ainsi que celui de la mairie qui combine, à l'époque, les fonctions d'école et de tribunal.<br>
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===== L’église de Mordelles =====
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Dès 1776, l'ancienne église Saint-Pierre-es-Liens de style roman est jugée trop petite, n'ayant pas la capacité suffisante pour accueillir l'ensemble des fidèles désireux d'assister aux cérémonies religieuses.<br>
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Malgré l'ajout d'une tribune et d'une chapelle respectivement en 1817 et 1819, le besoin d'un édifice plus grand se fait toujours ressentir.<br>
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[[Fichier:Chesnaie retable eglise.jpg|150px|vignette|gauche|Blason famille de Farcy]]En 1844, le projet de construction de l'église actuelle est à l'étude. Il est donc antérieur au mandat de Paul de Farcy sachant qu'il faudra encore 12 années de débats et de montage financiers pour que l'adjudication des travaux se fasse le 18 mars 1856.<br>
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C'est l'architecte Jacques Mellet, proche de Paul de Farcy, qui se voit chargé des plans et qui va donner à l'église actuelle ce style néogothique très rare pour l'époque.<br>
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En effet, le choix du néogothique, qui contraste avec les styles classiques dominants de l'époque en Ille-et-Vilaine, est la caractéristique de l’œuvre religieuse de Jacques Mellet.<br>
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La construction de l'édifice se déroule en deux phases d'abord avec Jacques Mellet qui inaugure l'édifice partiellement achevé le 17 novembre 1861, puis avec Henri, son fils cadet qui, à partir de 1877, achève l'œuvre de son père en réalisant la tour du clocher ainsi que la flèche le 8 juin 1882.<br>
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Le retable de la Vierge est une œuvre du sculpteur rennais Jean Julien Hérault<ref>Jean Julien Hérault, sculpteur (1814-1888).</ref>, datant de 1862-1863. <br>
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Il est à observer de plus près car on y distingue le blason de la famille de Farcy d'or fretté d'azur de six pièces, au chef de gueules, rappelant ainsi les liens étroits qui unissent l’architecte Jacques Mellet à Paul de Farcy.<br>
  
L’église de Mordelles, construite par Jacques et Henri Mellet au milieu du XIXe siècle, remplace un bâtiment plus petit de style roman, situé plus avant.<br>
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===== La mairie de Mordelles =====
La construction de l'édifice va être menée en deux temps : toute la partie en schiste avec des ouvertures en calcaire blanc est réalisée sous la conduite de Jacques Mellet (père) dans un style néogothique en 1852 alors que le clocher n'est construit qu'à la fin des années 1870, sous la houlette d'Henri, son fils cadet. En effet, Jacques Mellet, par manque d’argent, doit interrompre le chantier et il faut attendre quelques années avant que l’Etat n'accepte de subventionner la fin des travaux. Henri Mellet succède alors à son père décédé et achève son œuvre en réalisant la tour du clocher ainsi que la flèche le 8 juin 1882.<br>
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Elle est édifiée en 1852 toujours selon les plans de l'architecte Jacques Mellet. <br>
L’intérieur de l’église est inauguré en 1861.
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Elle rappelle l'ancien hôtel de Farcy construit à Rennes à la même époque sur le quai Lammenais (arcs en plein cintre, baies jumelées, lucarne fronton).<br>
Le retable de la Vierge est une œuvre du sculpteur Jean Hérault, datant de 1862-1863. Vous distinguez le blason de la famille de Farcy  "d'or fretté d'azur de six pièces, au chef de gueules", rappelant ainsi les liens étroits qui unissent l’architecte Jacques Mellet à Paul de Farcy.
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[[Fichier:Mairie ancienne 01 R.jpg|300px|centré|Mairie avant extension contemporaine]]<br>
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===== Le monument aux morts =====
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Avant même la signature de l'Armistice, dès le 20 octobre 1918, Paul de Farcy propose d'ériger un monument aux morts.<br>
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Il faut souligner que la volonté de construire un monument aux morts dans chaque commune, après la Grande Guerre, est une spécificité française. De ce fait, la France compte près de 36 000 monuments aux morts.<br>
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Pour édifier ce monument public, les communes ont toutefois l'obligation de respecter la loi de séparation des Églises et de l’État votée en 1905.<br>
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Le 16 juin 1921 sous la mandature de Robert de Toulouse-Lautrec, la commission municipale en charge de l’étude du projet « plutôt que d’adopter le type courant de pyramide, colonne ou stèle, qu’on retrouve dans la plupart des communes, a fixé son choix sur [[Première guerre mondiale|« un Poilu en pied », symbolisant la résistance, d’une hauteur de 2,10 mètres]] et qui sera réalisé en fonte de fer bronzée.<br>
  
 
=== Garde général des eaux et forêts ===
 
=== Garde général des eaux et forêts ===
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Il assure cette fonction à Fougères.
  
 
=== Conseiller général d'Ille-et-Vilaine ===
 
=== Conseiller général d'Ille-et-Vilaine ===
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Paul de Farcy est conseiller général du canton de Mordelles de 1877 à 1919, année de sa démission. <br>
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Lors des élections cantonales de décembre 1919, c'est [[Toulouse-Lautrec|Robert de Toulouse-Lautrec]] qui est élu à ce poste.
 
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  Décédé au château de la Chesnaye le 29 février 1928 dans sa 89e année.
 
  Décédé au château de la Chesnaye le 29 février 1928 dans sa 89e année.
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== Photos diverses ==
 
== Photos diverses ==
[[Fichier:VDB-chesnay 02.jpg|300px|vignette|gauche|Château de la chesnaie]]
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VDB-chesnay 02.jpg|Château de la chesnaie
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== Source des photos et textes ==
 
== Source des photos et textes ==
  Revue d'informations municipales (novembre 2014), site internet chateaudelavilledubois.com, Source gallica.bnf.fr/BnF (ressources généalogiques), R. Birot (photos en couleur).
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  Revue d'informations municipales (novembre 2014) et supplément à la revue Mordelles-Infos n°340 de mai 2011, site internet chateaudelavilledubois.com, Source gallica.bnf.fr/BnF (ressources généalogiques), Site inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr, R. Birot (photos en couleur).
  
 
== Notes et références ==
 
== Notes et références ==

Version actuelle datée du 19 novembre 2020 à 17:22

Panneau travaux.svg
Cet article est en construction. Isabelle y travaille ; merci de ne pas y apporter de modifications.


Ancien maire de Mordelles
Paul de farcy.jpg
Paul de Farcy
Région Drapeau-breton.jpg Bretagne
Département Armoiries-35.jpg Ille-et-Vilaine
Commune Armoiries-mordelles.jpg Mordelles
Naissance 8 juillet 1839
Décès 29 février 1928
Références
Rédacteur(s) I. Birot
Historien(ne) (nom de l'historien)
Archives Voir "source des photos et textes"
Contact Email2.jpg]




La famille de Farcy
Famille de Farcy

La famille de Farcy s'installe à Mordelles au XVIIe siècle. En 1647, Jacques Annibal de Farcy[1], fils d'Hannibal de Farcy[2], huguenot, procureur fiscal et général des eaux et forêts du Comté de Laval, fait l'acquisition du château de La Villedubois[3]. Il achète également en 1653 avec trois de ses frères les forges de Bressilien et devient ainsi le maître des forges de Brocéliande. Cette tradition se poursuit pendant deux siècles.
Armand Paul Marie Ange, né en 1790, se situe au 20e degré dans la généalogie de la famille de Farcy. Il assure la fonction de maire de Mordelles de 1815 à 1830. Il est à noter qu’outre ses fonctions politiques (également membre du conseil général d’Ille-et-Vilaine), Armand de Farcy est le dernier de sa famille à diriger les forges de Paimpont. Il épouse demoiselle Cécile Julie Marie Hyacinthe Le Corgne de Bonabry. Il a une nombreuse descendance : parmi ses 10 enfants, figure au 7e rang Paul Marie Emile de Farcy, maire de Mordelles de 1874 à 1919.


Le chateau de la Chesnaie

Château de la chesnaie
Croix de mission (1920) à l'entrée du château de la Chesnaie

Paul Marie Emile de Farcy naît au château de La Villedubois en 1839 ; son père en étant le propriétaire de 1829 à 1850.
Au décès de son père en 1850, c'est Louis Marie Auguste, frère de Paul de Farcy qui reprend le domaine et le titre de comte. Paul de Farcy est alors vicomte de Farcy de La Villedubois.
Vers 1860, l'un de ses oncles, Aristide[4], fait construire à Mordelles le château de la Chesnaie. Il utilise les services de l'architecte Jacques Mellet[5], un ami de la famille de Farcy.
Un corps central flanqué de deux tours circulaires, confère à l'édifice un style Renaissance qui le démarque des autres châteaux mordelais.
Aristide n'ayant pas de postérité, à son décès en 1869, il lègue son château à son neveu Paul qui n'a pas, à cette époque, de domaine de cette importance.
Paul de Farcy va ainsi résider au château de la Chesnaie jusqu'en 1928, année de son décès.
C'est ensuite sa fille Jeanne Louise Marie, seule survivante et dernière-née d'une fratrie de 4 enfants, qui hérite du château.
La croix de mission érigée en pierre et représentée sur la photo ci-contre se dresse toujours à l'entrée du château de la Chesnaye. Datant de 1920, elle est l'une des rares de la commune à porter une date.

Paul de Farcy

Louise Marie de la Rivière.

Paul de Farcy est le fils d'Armand Paul Marie Ange et de Cécile Julie Marie Hyacinthe Le Corgne de Bonabry.

Armes des familles de Farcy et Le Corgne de Bonabry
Ci-contre, une plaque de cheminée en provenance des forges de Paimpont représente les armes de leurs deux familles.

Il est issue d'une famille nombreuse puisqu'il a 9 frères et sœurs, parmi lesquels Louis Marie Auguste, propriétaire du château de La Villedubois de 1850 à 1903 et à l'origine des nombreuses transformations dans cette propriété.
Les deux frères vont épouser deux sœurs ; ainsi, Paul de Farcy épouse le 23 avril 1864 Louise Marie de la Rivière tandis que Louis s'est déjà uni à Marie Aimée de la Rivière.
De son mariage avec Louise (portrait ci-contre) naissent 4 enfants Paul, Cécile, Roger et Jeanne.
Cécile meurt quelques jours après sa naissance tandis que ses deux fils Paul et Roger décèdent également très jeunes, le premier à 20 ans et le second à 30 ans.

Maire de Mordelles de 1874 à 1919

Quelques années avant la naissance de Paul de Farcy, son père assure lui aussi la fonction de maire à Mordelles et ce, pendant 15 ans, de 1815 à 1830. A son tour, en janvier 1874, Paul de Farcy assume cette responsabilité en remplacement de François Veillard. Il a alors comme adjoint Jean-Baptiste Dolivet.
Pour information, en 1915, la commune de Mordelles compte environ 2100 habitants.

Liste des maires de Mordelles de 1815 à 2020

Période Identité
1815 à 1830 Armand de Farcy
1838 à 1865 Julien Perret
1865 à 1874 François Veillard
1874 à 1919 Paul de Farcy
1919 à 1965 Robert de Toulouse-Lautrec
1965 à 1977 Emile Jeantil
1977 à 1989 Guy David
1989 à 1995 Guy Aufrère
1995 à 2014 Bernard Poirier
2014 - Thierry Le Bihan

Son implication au niveau de l'enseignement catholique

Paul de Farcy est connu pour promouvoir l'enseignement congréganiste.
Depuis 1872, une école congréganiste existe à Mordelles. Elle a été créée pour les garçons à l'initiative de l'abbé Briand, curé de la paroisse.
Alors qu'une loi votée en 1905 ordonne la fermeture immédiate et la vente des écoles libres ayant appartenu aux congrégations, Paul de Farcy accueille, dans son château de la Chesnaie, les frères instituteurs expulsés, puis se rend acquéreur en 1907 de l'école et de son mobilier pour éviter leur liquidation.
A partir du 19 novembre 1907, l'école libre des garçons de Mordelles devient la propriété de Paul de Farcy qui décide un peu plus tard, en 1910, de compléter les bâtiments scolaires en faisant construire une nouvelle classe et des chambres.

Son implication dans le patrimoine architectural

On lui doit essentiellement le style de l'église actuelle ainsi que celui de la mairie qui combine, à l'époque, les fonctions d'école et de tribunal.

L’église de Mordelles

Dès 1776, l'ancienne église Saint-Pierre-es-Liens de style roman est jugée trop petite, n'ayant pas la capacité suffisante pour accueillir l'ensemble des fidèles désireux d'assister aux cérémonies religieuses.
Malgré l'ajout d'une tribune et d'une chapelle respectivement en 1817 et 1819, le besoin d'un édifice plus grand se fait toujours ressentir.

Blason famille de Farcy
En 1844, le projet de construction de l'église actuelle est à l'étude. Il est donc antérieur au mandat de Paul de Farcy sachant qu'il faudra encore 12 années de débats et de montage financiers pour que l'adjudication des travaux se fasse le 18 mars 1856.

C'est l'architecte Jacques Mellet, proche de Paul de Farcy, qui se voit chargé des plans et qui va donner à l'église actuelle ce style néogothique très rare pour l'époque.
En effet, le choix du néogothique, qui contraste avec les styles classiques dominants de l'époque en Ille-et-Vilaine, est la caractéristique de l’œuvre religieuse de Jacques Mellet.
La construction de l'édifice se déroule en deux phases d'abord avec Jacques Mellet qui inaugure l'édifice partiellement achevé le 17 novembre 1861, puis avec Henri, son fils cadet qui, à partir de 1877, achève l'œuvre de son père en réalisant la tour du clocher ainsi que la flèche le 8 juin 1882.
Le retable de la Vierge est une œuvre du sculpteur rennais Jean Julien Hérault[6], datant de 1862-1863.
Il est à observer de plus près car on y distingue le blason de la famille de Farcy d'or fretté d'azur de six pièces, au chef de gueules, rappelant ainsi les liens étroits qui unissent l’architecte Jacques Mellet à Paul de Farcy.

La mairie de Mordelles

Elle est édifiée en 1852 toujours selon les plans de l'architecte Jacques Mellet.
Elle rappelle l'ancien hôtel de Farcy construit à Rennes à la même époque sur le quai Lammenais (arcs en plein cintre, baies jumelées, lucarne fronton).

Mairie avant extension contemporaine

Le monument aux morts

Avant même la signature de l'Armistice, dès le 20 octobre 1918, Paul de Farcy propose d'ériger un monument aux morts.
Il faut souligner que la volonté de construire un monument aux morts dans chaque commune, après la Grande Guerre, est une spécificité française. De ce fait, la France compte près de 36 000 monuments aux morts.
Pour édifier ce monument public, les communes ont toutefois l'obligation de respecter la loi de séparation des Églises et de l’État votée en 1905.
Le 16 juin 1921 sous la mandature de Robert de Toulouse-Lautrec, la commission municipale en charge de l’étude du projet « plutôt que d’adopter le type courant de pyramide, colonne ou stèle, qu’on retrouve dans la plupart des communes, a fixé son choix sur « un Poilu en pied », symbolisant la résistance, d’une hauteur de 2,10 mètres et qui sera réalisé en fonte de fer bronzée.

Garde général des eaux et forêts

Il assure cette fonction à Fougères.

Conseiller général d'Ille-et-Vilaine

Paul de Farcy est conseiller général du canton de Mordelles de 1877 à 1919, année de sa démission.
Lors des élections cantonales de décembre 1919, c'est Robert de Toulouse-Lautrec qui est élu à ce poste.

Décédé au château de la Chesnaye le 29 février 1928 dans sa 89e année.


Photos diverses

Source des photos et textes

Revue d'informations municipales (novembre 2014) et supplément à la revue Mordelles-Infos n°340 de mai 2011, site internet chateaudelavilledubois.com, Source gallica.bnf.fr/BnF (ressources généalogiques), Site inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr, R. Birot (photos en couleur).

Notes et références

  1. Jacques Annibal de Farcy est né vers 1605. C'est l'un des 11 enfants d'Annibal de Farcy. Il a épousé Catherine de Gennes. Il est décédé en 1682.
  2. Annibal de Farcy est né en 1575 et décédé en 1650. Il a épousé Guyonne de Launay et a eu 11 enfants.
  3. Extrait du site internet chateaudelavilledubois.com. Château de La Villedubois, maison d'hôtes.
  4. Aristide Anne Marie Félix de Farcy de la Chesnaie (1795-1869).
  5. Jacques Mellet (1807-1876) à l'origine de la construction de près d'une vingtaine d'églises.
  6. Jean Julien Hérault, sculpteur (1814-1888).