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La Jeanne d'Arc Mordelles

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Origines de la JA Mordelles
Logo JA Mordelles
Logo de la JA Mordelles
Région Drapeau-breton.jpg Bretagne
Département Armoiries-35.jpg Ille-et-Vilaine
Commune Armoiries-mordelles.jpg Mordelles
Objet La JA Mordelles
Période 1920 à nos jours
Références
Collection Voir "Sources"
Rédacteur(s) I. Birot
Archives A.M. Nédellec
Contact Email2.jpg




Le patronage mordelais
Abbé Peltier

Plusieurs clubs sportifs français ont pour origine des patronages catholiques, l'association JAM (Jeanne d'Arc de Mordelles) fait partie de ces clubs.
Le patronage mordelais, appelé communément le "patro", est une œuvre catholique attachée à l'éducation et à la formation des enfants notamment au travers d'activités sportives et éducatives distrayantes.
Créée le 4 décembre 1920 sous l'égide du patronage, l'association Jeanne d'Arc de Mordelles fait partie de l'histoire de la commune de Mordelles.



Le patronage ou "patro"

Pendant toute la période s'écoulant de 1920 à 1971, la JAM (à l'époque, le "patro") est dirigée par des personnes influentes et reconnues au sein de la commune.
C'est ainsi qu'en 1927, la présidence est assurée par le comte de Farcy de la Chesnaye, le secrétariat par l'abbé Menay remplacé le 12 septembre 1927 par l'abbé Launay.
Cette équipe dirigeante reste en place très longtemps. Elle propose aux jeunes Mordelais plusieurs activités telles que : cercle d'étude, fanfare, foot, théâtre et préparation militaire.
En 1948, Jean David (maçon et père de Michel David) succède au comte de Farcy avec l'abbé Peltier comme secrétaire. En 1956, c'est au tour de Constant Bigot (bouilleur de cru) avec l'abbé Douillet, puis en 1960 de Louis Holland[1] (marchand de vélos) avec l'abbé Rondin.
Pendant toutes ces années, la présidence est placée sous la responsabilité de personnes laïques[2] alors que le secrétariat est tenu par des membres du clergé.


Différents présidents de la JAM


Le 19 juillet 1971 est une date importante dans la vie de l'association puisqu'elle marque la passation du pouvoir à un comité directeur entièrement composé de personnes indépendantes d'organisations religieuses.
Le premier président nommé dans le cadre de cette nouvelle organisation est André Rivière. L'association conserve alors la même ligne directrice, maintenant son adhésion à la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF).

La troupe, "les baladins de Mordelles"

Selon les archives "orales", l'activité de théâtre est bien antérieure à la création de la JAM.
La troupe théâtrale prend le nom de "les baladins de Mordelles" sous la houlette de l'abbé Peltier.
A cette époque et jusqu'après la seconde guerre mondiale, hommes et femmes jouent séparément sur scène.
Il faut attendre 1946, voire 1947, pour voir apparaître à Mordelles la mixité dans le jeu des acteurs, le curé de l'époque étant très réticent.
La photo ci-dessous, prise en fin d'année 1950, lors des représentations de la comédie dramatique en 3 actes, "la roulotte aux sortilèges", en est une illustration avec Mesdames Costo, Nogues et Morice.

Pièce de théâtre en 1950

Nos aînés se souviennent très bien de ces "séances récréatives" (décrites ainsi dans Ouest-Eclair ou dans le bulletin paroissial) auxquelles, eux ou leurs parents, ont participé en tant que comédiens, décorateurs ou costumiers :
Germaine David (née Aimée Benoist et mère de Michel David), Jean Lelièvre (horloger), François Poirier (menuisier) ou encore Constant Louessard (coiffeur) pour n'en citer que quelques-uns.
Les représentations se déroulent dans la salle du "patro" (aujourd'hui, salle Béthanie, rue Jeanne d'Arc).
Michel David évoque le peintre breton, Pierre Aubin, brillant élève des Beaux-Arts au talent original, très réputé à Rennes et Mordelles pour ses tableaux, et qui a également contribué à la réalisation de décors pour la troupe théâtrale.

Abbé Peltier


La salle Saint-Marcel, construite dans les années 50, est baptisée ainsi en l'honneur de l'abbé Marcel Peltier qui est un grand contributeur au développement du patronage à Mordelles.
Pour les travaux, l'abbé s'appuie sur les compétences de plusieurs jeunes bénévoles qui viennent apporter leur aide, le soir, après leur journée de travail.
Ce sont Maurice Costo, Maurice Vallée, Corentin Couffin et Michel David.
La salle ainsi transformée sert de vestiaire pour les acteurs et aussi de salle de réunion.


La fanfare

La fanfare (appelée souvent "la clique" ou "la musique") tient également une place importante dans l'animation de la commune. De même que le théâtre, sa création est antérieure à 1920.
Louis Holland s’y illustre d’ailleurs en tant que chef de musique.
Michel David y joue également de plusieurs instruments : tambour, grosse caisse, clairon et fifre[3]. Cette fanfare accompagne de nombreuses fêtes : la procession de la Fête-Dieu [4], la retraite aux flambeaux à l'occasion de la fête de la JAM, etc.
Elle gagne de nombreux concours et prix d'excellence lors de ses déplacements dans les villes environnantes.
Sur la photo ci-dessous, on remarque que les pantalons des musiciens sont particulièrement courts.
Ce sont de jeunes Mordelaises dont Marie-Claire Piel qui, pendant leur temps libre, font ces travaux de couture.

Fanfare au pied de l'église

Le cinéma Jeanne d'Arc

Le cinéma fait partie des distractions mordelaises de l'époque et attire beaucoup de monde.

Cine Mordelles 1986.jpg


Ainsi, de 1946 à 1989, les Mordelais assistent à la projection de nombreux films et documentaires.
En 1946, la salle du "patro" est transformée en salle de cinéma grâce à la volonté de l'abbé Renais.
Pour que la cabine de projection soit bien insonorisée, le plancher est bourré de sable et de graviers.
Louis Holland joue le rôle d'opérateur.
La salle est agrandie quelques années plus tard, en 1962, sous l'impulsion de l'abbé Dorange qui fait appel à Michel David, alors maçon.
Les travaux nécessitent l'intervention d'un ingénieur en béton pour faire les fondations car selon l'expression de Michel David, plus on creusait, plus le sol était mou.
A l'emplacement du bâtiment, il y avait en effet naguère une mare qui avait été comblée.
Le cinéma se modernise à nouveau en 1969 et passe en 35 mm.

Ci-contre, la copie d'un programme publié par le cinéma Jeanne d'Arc et datant de 1986.
Ci-dessous, une photo datant des années 1950 et représentant de jeunes Mordelais évoluant dans l'environnement de l'abbé Renais.
En passant la souris de votre ordinateur sur les visages de la photo, vous découvrirez les noms des personnes présentes.
Ainsi, vous verrez, de gauche à droite, Clément Costo (le père de Maurice Costo), l'abbé Renais, Michel David, Joseph Hubert (minotier), Joseph Brossais (boulanger), Robert Saulnier (le fils du facteur), Paul Girot (couvreur), Pierre Lalouyer (boulanger).

Clément COSTOAbbé RENAISMichel DAVIDJoseph HUBERTJoseph BROSSAISRobert SAULNIERPaul GIROTPierre LALOUYERLa JAM des années 1950
À propos de cette image


En 1990, le projet de rénovation et de mise aux normes de la salle de cinéma est cependant remis en cause. Cette impasse incite plusieurs amateurs du septième art, en tête Michel Bohuon, à ouvrir un autre cinéma quelques années plus tard et plus exactement en 1998 à Bréal-sous-Montfort.

L'espace alloué "au patro" ne sert pas uniquement aux activités culturelles et sportives. Il abrite également en 1939 une section d'infirmiers militaires (1er SIM) issus du nord de la France qui en fait un lieu d'intendance.
La réputation médicale de ces infirmiers laisse toutefois songeur. Les aînés mordelais ont coutume de dire : pour soigner, ils n'avaient que des ventouses.

La JAM

La JAM, fondée le 4 décembre 1920, fait partie de l’héritage du « patro » et partage toujours ses valeurs. Les activités développées au cours du XXe siècle, telles que le théâtre, le basket, la pétanque, le cyclotourisme, les cours de flûte ou encore de guitare, n’ont pas été conservées par la JAM qui s’est recentrée sur 3 disciplines organisées en sections :

  • le football créé dès 1927 et devenu 100% féminin depuis la saison 2015-2016,
  • le tennis de table, mis en sommeil quelques années, réactivé en 1976,
  • la gymnastique rythmique créée en 1982.

Né à Mordelles, Dominique Couffin est l'actuel président de la JAM et ce, depuis 1996. Il a auparavant assuré la présidence de la section football.
Il fait partie des "piliers" de l'organisation ainsi que Pierre Desmortier, président d'honneur au titre de ses 16 années de présidence réparties en 2 mandats non successifs, et Jean Carret.

Parents de Dominique Couffin

Les parents de Dominique Couffin, Corentin et Jeanne (née Forest), comptaient eux aussi parmi les membres actifs de la JAM.
Tous deux étaient également très investis dans la vie locale de la commune, son père exerçant le métier de menuisier alors que sa mère tenait une permanence de la sécurité sociale à son domicile, rue du presbytère (rue de plaisance actuellement).
Un peu plus tard, la mère de Dominique Couffin a contribué à l'ouverture de la première agence de Crédit Mutuel à Mordelles.


Jean Carret, très impliqué dans la section foot, se souvient :
"A l'époque de la seconde guerre mondiale, le foot se pratiquait dans la prairie à Edan[5], sur les bords du Meu, où il fallait savoir éviter les traces du passage des vaches. Les déplacements s'effectuaient dans le camion de l'entreprise GILLES.
En 1947 a été inauguré le stade, devenu depuis Coubertin. Finies les bouses de vaches, mais bonjour la gadoue jusqu'à ce qu'un drainage efficace soit réalisé. Les vestiaires étaient dans un bâtiment annexe du presbytère, bâtiment démoli depuis, et les douches constituées par une pompe sur une fontaine dans le chemin entre Plaisance et le cinéma.
Puis le terrain unique s'est avéré insuffisant, les jeunes sont partis jouer près de la scierie. En 1972, le stade de Dordain a vu le jour et a été équipé de l'éclairage pour le terrain B à la fin de la saison 76-77 avec l'aide des compétences techniques de Marcel Monte."

En conclusion de cet article sur la JA Mordelles, une photo du début des années 1950 représentant l'abbé Peltier entouré de jeunes adhérents mordelais au mouvement de la JAC. [6]

Les jeunes de la JAC

Sources des photos et des textes

Archives Dominique Couffin, Michel David, A.M. Nédellec, Jean Carret dans la revue municipale "Infos Mordelles" de mai 2007.

Notes et Références

  1. Louis Holland : grand-père de Sébastien Holland qui est chauffagiste et toujours en activité en 2018 à Mordelles.
  2. Laïque : qui n'appartient pas au clergé, qui est indépendant des organisations religieuses.
  3. Fifre : petite flûte traversière en bois, au son aigu.
  4. Fête-Dieu ou fête du Saint-Sacrement ayant lieu le 2e dimanche après la Pentecôte.
  5. Auguste Edan, boucher, était propriétaire d'une prairie située sur les bords du Meu.
  6. JAC : Jeunesse Agricole Catholique